Stress, surmenage et burn-out

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est un phénomène d’adaptation du corps qui nous permet de réagir à notre environnement. Notre organisme répond à un contexte stressant par une réaction en 3 phases (alarme, résistance, épuisement). Ce syndrome général d’adaptation fut découvert en 1935 par Hans Selye. Si le stress s’installe dans la durée, cela engendre une altération de notre capacité à réagir, l’épuisement de notre organisme et apparition de diverses conséquences pathologiques.

Des études récentes sur des animaux et des êtres humains montrent que les perturbations biologiques liées au stress chronique modifieraient durablement la façon de répondre aux nouvelles situations stressantes par un processus épigénétique. 

Evaluation cognitive et stratégies d’adaptation individuelle

Le syndrome général d’adaptation peut être modulé selon l’intensité et la durée des facteurs stressants en cause et selon nos expériences passées. La réaction de notre organisme est ainsi parfois influencée par une situation stressante déjà vécue et que nous associons à la situation présente. De ce fait, la réponse à une situation stressante dépend de la façon dont elle est perçue et évaluée cognitivement.

De façon schématique, face à une situation potentiellement stressante, tout individu examine: l’enjeu que représente la situation:

est-ce une perte? Une menace? Un défi?

C’est ce que l’on appelle: le stress perçu.

Les ressources qu’il a à sa disposition pour y faire face:

Ai-je l’expérience suffisante pour gérer cette situation? Suis-je assez formé? Puis-je faire appel à quelqu’un de plus expérimenté en cas de problème? Puis-je obtenir plus d’information? Plus de soutien?

C’est ce que l’on appelle le contrôle perçu.

En fonction de cette évaluation de la situation, l’individu peut réagir de différentes façons (stratégies d’adaptation): évitement, réactions émotionnelles, recherche de solutions. Cette adaptation personnelle explique que des personnes confrontées à la même situation de travail réagissent différemment.

 Symptômes dus à un état de stress chronique

Ces divers symptômes apparaissent en quelques semaines :

  • Symptômes physiques: douleurs, troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sensations d’essoufflement ou d’oppression, sueurs inhabituelles, …
  • Symptômes émotionnels: sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être, …
  • Symptômes intellectuels: perturbation de la concentration entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions, …

Ces symptômes ont des répercussions sur les comportements : recours à des produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, stupéfiants, …), repli sur soi, difficultés à coopérer, diminution des activités sociales, agressivité…

 L’état de stress n’est pas une maladie en soi mais lorsqu’il est intense et qu’il dure, il peut avoir des effets graves sur la santé physique et mentale des travailleurs concernés.

Effets du stress chronique sur la santé : hypertension, nervosité, fatigue, dépression, …

Qu’est-ce que le surmenage ?

Quand est-il question de surmenage ou de stress chronique?

Une exposition prolongée au stress avec trop peu de périodes de récupération peut entraîner une « surtension ».  Les périodes de récupération sont nécessaires et l’humain a besoin de se reposer et de se ressourcer. Par exemple, aller courir, chanter, peindre.

La définition du surmenage

Le stress chronique s’installe avec des tensions physiques et/ou psychologiques persistantes causées par une surcharge chronique et un stress qui empêchent une personne de se reposer lui donne le sentiment d’être incapable de fonctionner ou de fonctionner moins bien

La différence avec le stress est que:

  1. Il dure depuis plus de trois mois.
  2. Les tensions sont présentes et persistent
  3. Les tensions empêchent de fonctionner correctement.

Les symptômes de stress sont : fatigue physique et mentale, tension, irritabilité, perte de concentration, oubli, instabilité émotionnelle, troubles du sommeil et fonctionnement social et professionnel moins bon. C’est le résultat d’un manque d’équilibre à long terme entre la charge de travail et la capacité de gérer du coaché. Le coaché a le sentiment de perdre le contrôle et se sent impuissant. 

Description du surmenage – stress chronique

D’après : Lesa directive (2011)

Quatre critères sont répertoriés:

  1. Les symptômes suivants sont présents: la fatigue, le sommeil perturbé, l’irritabilité, l’agitation, l’instabilité émotionnelle, inquiétude, le sentiment d’être « chassé », les problèmes de concentration et/ou l’oubli.
  2. Sentiment de perte de contrôle et/ou d’impuissance qui se produit en réponse à ne plus être en mesure de gérer les stresseurs dans le fonctionnement quotidien.
  3. Des contraintes importantes dans le fonctionnement professionnel et/ou social.
  4. Les symptômes ne sont pas exclusivement dus à un trouble psychiatrique.

Qu’est-ce que le burn-out ?

D’après : Handboek coachen bij stress en burn-out – Rogier (2017)

Le burn-out n’apparaît qu’après des années de surmenage du corps. Un burn-out s’installe lorsque la personne continue de s’épuiser malgré les symptômes de stress et de tensions.

Le burn-out ne fait actuellement pas l’objet d’un diagnostic officiel dans les classifications médicales de référence que sont la Classification Internationale des Maladies (CIM-10) de l’Organisation Mondiale de la santé et le Manuel diagnostique et Statistique des troubles mentaux (DSM5) de l’Association Américaine de Psychiatrie. Certains médecins disent que le burn-out n’existe pas et cela donne le sentiment aux coachés qu’ils ne sont pas pris au sérieux. Ces symptômes de tension sont souvent associés par les médecins et psychologues par mettra à des troubles d’adaptation ou troubles somatiques. (DSM)

Le burn-out est un concept introduit pour la première fois en 1974 par le psychiatre américain Freudenberger pour décrire l’épuisement au travail de professionnels de l’aide et du soin. Par la suite, au début des années 80, Christina Maslach a étudié et analysé plus en détails l’épuisement en milieu professionnel. Ce sont les travaux de Christina Maslach qui servent de référence pour définir les dimensions du burn-out : il s’agirait d’un syndrome d’épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction de l’accomplissement personnel. À la suite de plusieurs recherches, elle a pu proposer une définition du burn-out ainsi qu’élaborer une deuxième échelle de mesure plus précise qui met en évidence ces dimensions.

Aux Pays-Bas, une directive élaborée par trois associations professionnelles, définit quant à elle le burn-out de cette manière :

Il est question de burn-out quand les trois critères suivants sont présents: a) il y a épuisement, surmenage, b) les plaintes sont apparues il y a plus de 6 mois et c) la sensation de fatigue et d’épuisement sont clairement à l’avant plan

La définition la plus récente de burn-out

A la KUL, une équipe de recherche dirigée par Wilmar Schaufeli et Hans De Witte a aussi élaboré sa propre définition du burn-out. Ceci dans le but de mettre en place un instrument d’évaluation qui pourrait servir en pratique clinique.

Selon cette équipe, il y aurait donc 4 symptômes constitutifs du burn-out :

  • L’épuisement: physique et psychologique;
  • La perte de contrôle cognitif: problèmes de mémoire, d’attention, de concentration dus à une perturbation du fonctionnement cognitif;
  • La perte de contrôle émotionnel: réactions émotionnelles exacerbées, faible tolérance;
  • Une distanciation mentale de son travail: on se retire, mentalement ou physiquement de celui-ci.